Enfin Babel !
Oui, on voit enfin le bout du tunnel de boulot sur ce projet-là !
Pour rappel, Babel, sous-titré désormais officiellement « le monde des livres » (encore une question de droit, pile-poil comme pour Terra Incognita !), est mon deuxième jeu de rôle. Il sera prochainement publié par mon fidèle éditeur, Les XII Singes (peut-être avec Mnémos sous le label Ludika mais, apparemment, cela reste encore à voir). Il devrait faire l’objet d’un foulancement… euh… prochainement ? En tout cas, l’ensemble des manuscrits est entre les mains de l’éditeur qui doit encore lui faire faire des choses d’éditeur (relectures, commande d’illustrations, essais de mise en page, etc.).
Cela aura parfois eu l’allure d’un véritable serpent de mer pour moi que ce projet. Il est dans mes cartons depuis, fouiouiou, 2011 en fait (le moteur de recherche interne de notre ancien blog est d’une froide cruauté…). Voilà, 10 bonnes années. Après, si ça a pris du temps pour émerger, c’est qu’il y a plein de bonnes raisons à cela.

A l’origine, c’est une idée de proposition de jeu formulée par David. Brillante. Il s’agit, en très gros, d’imaginer un multivers dans lequel on puisse jouer dans l’ensemble des mondes de livre, c’est-à-dire dans les milliers d’univers de fiction créés par les romanciers du Moyen-Age jusqu’à nos jours.
David étant… euh… occupé. Voilà. J’ai repris l’idée pour lui apporter un certain nombre d’obsessions personnelles à base de Jorge Luis Borges, d’Arturo Perez-Reverte, etc. et, bien sûr, de vieux papiers qui sentent son historien à dix lieues à la ronde.
Au final, le jeu possède à mon goût un potentiel certain, oscillant entre l’occultisme contemporain, le réalisme magique et le franchement portenawak d’univers rôlistes comme La Méthode du Dr Chestel ou Hystoires de fous. Franchement, à mes yeux, ça le fait bien (cœur avec les doigts).
Hélas, l’idée du jeu nous est venue pile quand les XII Singes (loué soit leur nom !) sont venus me proposer l’édition de Terra Incognita. Entre un jeu déjà intégralement en version amateur et un vague projet qui tenait alors sur quelques pages de calepin, le choix était vite fait. Depuis, les neuf livres et livrets (oui, Monsieur !) de TI m’ont pris « un peu » de temps. A noter que l’explication marche impeccablement aussi avec les mots-clefs Di6dent et Fix.
Enfin, il y a eu, il faut bien l’avouer, quelques difficultés internes. Principalement, le système de jeu de la première version n’a pas résisté aux tests et s’est révélé alors être du caca et a donc été jeté à la poubelle. Il a fallu ensuite tâtonner pour trouver quelque chose de mieux adapté à la nature bicéphale du jeu (un coup monde de la Vraie Vie TM, un coup monde de livre) mais aussi à la diversité des ambiances possibles dans un jeu de type multivers.

Il y a aussi eu la difficulté de définir l’identité précise de certaines parties du jeu, notamment le monde de la Bibliothèque qui sert d’interface entre le monde des réels et celui des imaginés. Après l’avoir imaginé en fantasy un peu dark puis en steampunk un peu trop classique, j’ai été finalement attiré par une ambiance et une esthétique rétro très influencée par les Cités Obscures de Schuiten et Peters (qui illustrent cet article ainsi qu’à peu près tous les articles consacrés à Babel… en attendant les illustrations officielles du jeu).
Voilà, maintenant, 10 ans plus tard, le jeu existe bel et bien et, quand on dit « jeu », en ces temps de foulancements obligatoires, il faut comprendre « gamme ». C’est la dernière explication : je n’ai pas seulement rédigé un livre de base mais en fait toute une (petite) gamme composée de 5 publications dont un bon nombre de scénarios. Je vous en reparle très prochainement.